Par l'acte de séparation, le sujet s'efforce de se désigner dans la structure du signifiant,
c'est-à-dire de séparer des autres signifiants ce signifiant qui le représente, de le mettre en avant, afin
de s'engendrer au sens propre, mais en tant que représenté par un signifiant dans le champ du langage.
Cette séparation est un acte purement social -- événement d'intersignifiance se déroulant
sur la scène de l'Autre -- qui n'est possible
que parce que le sujet s'est aliéné à l'Autre, auquel il a remis le pouvoir de le gérer en tant que signifiant
-- c'est bien là le sens de l'aliénation du sujet.
Références
- in Séminaire 10 (page 137) : «la scène de l'Autre, où l'homme comme sujet a à
se constituer. »
- in Séminaire 11 (page 194) : «Separare, séparer,
j'irai tout de suite à l'équivoque du se parare,
du se parer dans tous les sens fluctuants qu'il a en français, aussi bien s'habiller, que
se défendre, se fournir de ce qu'il faut pour vous mettre en garde, et j'irai plus loin encore,
ce à quoi m'autorisent les latinistes, au se parere, au s'engendrer dont il s'agit dans
l'occasion. Comment, dès ce niveau, le sujet a-t-il à se procurer ? -- c'est là
l'origine du mot qui
désigne en latin l'engendrer.»
- in Séminaire 14 (séance du 25/01/1967) : «L'aliénation du
sujet n'a rien à faire avec l'aliénation marxiste, qui
d'ailleurs ne suppose absolument pas en soi l'existence de l'Autre.»