La partie qui représente le sujet dans le signifiant (le sujet de signifiant) est le sujet barré.
La partie du sujet qui reste dans le réel (le sujet de signifié) est l'être du sujet.
Lacan appelle ce reste réel l'objet petit a.
La division signifiante est l'opération qui sépare le sujet barré de son corps.
Lorsque l'on parle ici d'aliénation, il ne s'agit pas d'aliénation mentale (ce qui serait une simple connotation
pour le sens), mais d'une métaphore par rapport au sens juridique de l'aliénation (cession) pour dire que
le sujet cède au Grand Autre sa propre question et son propre désir.
Ne pouvant ex-sister que dans l'univers symbolique des signifiants, le sujet barré est dépendant
de cet ensemble des signifiants que Lacan appelle le Grand Autre.
Cette dépendance par rapport au Grand Autre n'est pas un choix, elle est forcée : c'est l'aliénation de la
signifiance, l'aliénation de l'articulation parlée.
Mais c'est grâce à la structure symbolique de la place de son ex-istence et de son aliénation,
que le sujet barré peut s'interroger sur son propre réel, celui de son corps.
C'est au niveau du Grand Autre que se pose la question.
Références
- in Écrits (pages 516-517) : «La place que j'occupe comme sujet de signifiant est-elle, par
rapport à celle que j'occupe comme sujet du signifié, concentrique ou excentrique ?
Voilà la question.»
- in Séminaire 6 (séance du 27/05/1959) : «le sujet est tout entier dans l'aliénation de la signifiance,
dans l'aliénation de l'articulation parlée et c'est à ce niveau que se pose la question. »
- in Séminaire 12 (séance du 16/06/1965) : «la dialectique de la relation avec l'Autre, le grand A,
celle que j'ai définie par le rapport de l'aliénation.»
- in Séminaire 15 (séance du 10/01/1968) : «l'aliénation est un choix forcé et forcément
perdant (cogito : ou je ne pense pas, ou je ne suis pas).»