La coupure est l'acte qui instaure le sujet en le divisant ; elle est un acte, car elle a cet effet d'instauration.
L'acte fondateur de coupure s'applique au réel du sujet antérieur S. En le divisant, la coupure
dégage le S1 -- signifiant
qui représente le sujet dans le champ de l'Autre --, et produit le petit a.
Faire apparaître le S1, c'est l'acte de parole caractéristique de l'être humain.
Mais c'est la curiosité d'interroger ce réel du petit a, essence irréductible du sujet,
qui répète la division.
Dans l'enseignement de Lacan, la division n'est jamais une division vertueuse entre bien et
mal ou entre bon et mauvais, mais simplement un processus de l'arithmétique entière qui institue
une barre entre une valeur d'échange et une valeur d'usage, entre l'énonciation et
l'énoncé, entre le savoir et la vérité, c'est-à-dire entre le sujet barré et l'objet petit a.
Le petit a est toujours la vérité du sujet, tandis que le savoir est l'accumulation du S1.
Références
- in Séminaire 7 (page 66) : «Le caractère proprement originel de
toute action est d'être moyen de reproduction.»
- in Séminaire 10 (page 189) : «Le sujet fait une première
opération interrogative dans A -- combien de fois ? ... le a
en tant qu'il est justement ce qui représente le S dans son réel irréductible.»
- in Séminaire 14 (séance du 15/02/1967) : «Comment définir
ce qu'est un acte ? Il est impossible de le définir
autrement que sur le fondement de la double boucle, autrement dit de la répétition. C'est
précisément en cela que l'acte est fondateur du sujet ... Le sujet, disons dans l'acte,
est équivalent à son signifiant. Il n'en reste pas moins divisé.»
- in Séminaire 14 (séance du 22/02/1967) : «L'acte est instauration
du sujet comme tel, c'est-à-dire que d'un acte véritable le sujet surgit différent.
En raison de la coupure, sa structure est modifiée.»
- in Séminaire 14 (séance du 07/06/1967) : «Un acte n'a pas besoin
d'être pensé pour être un acte. La question se
soulève même de savoir si ce n'est pas pour ça qu'il est un acte ... mais
il est certain qu'on ne peut le penser qu'après.»
- in Séminaire 16 (page 322) : «Le pas décisif que
Freud a fait en révélant la relation de la curiosité sexuelle avec tout
l'ordre du savoir, c'est-à-dire la jonction entre le a d'une part, à savoir ce où le sujet
peut retrouver son essence réelle comme manque-à-jouir, et rien de plus,
quelque représentant dont il ait à se désigner
par la suite, et, d'autre part, le champ de l'Autre en tant que s'y ordonne le savoir.»